Comparatif
Reprennia ou le prévisionnel commandé au cabinet comptable
Beaucoup de repreneuses se disent qu’il suffit de commander un prévisionnel à un cabinet comptable et que la question sera réglée. Ce document est indispensable, mais il arrive après, et il répond à une autre question : convaincre un financeur avec des hypothèses que vous lui avez fournies. Voici ce que chacun couvre, et pourquoi l’un se prépare avant que l’autre soit commandé.
Le comparatif poste par poste
| Critère | Reprennia | le prévisionnel commandé au cabinet comptable |
|---|---|---|
| Question traitée | Faut il continuer sur ce fonds, et à quel prix | Le projet tient il sur trois ans avec les hypothèses fournies |
| Moment d’utilisation | Avant la promesse, pendant que le prix se discute encore | Une fois le projet arrêté, pour le montage du financement |
| Origine des hypothèses | Reconstituées à partir des pièces réclamées à la cédante | Celles que vous transmettez, reprises telles quelles la plupart du temps |
| Analyse du bail commercial | Relecture guidée, durée, indexation, charges, destination et agrément | Rarement dans la mission, le loyer entre comme une charge annuelle |
| Risque clientèle et dépendance à la cédante | Grille de concentration, saisonnalité, réputation et durée d’accompagnement | Hors périmètre, sauf mission d’audit spécifique facturée à part |
| Test du prix demandé | Trois méthodes confrontées et l’écart transformé en question à poser | Le prix est généralement une donnée d’entrée, pas un résultat |
| Suivi des pièces réclamées | Registre daté avec relances jusqu’à la signature | Le cabinet demande ce dont il a besoin pour produire le document |
| Nombre d’opportunités | Plusieurs fonds instruits en parallèle et comparés | Un prévisionnel par projet, refait si le projet change |
| Coût et engagement | Abonnement mensuel sans engagement de durée | Honoraires de mission, engagés sur un projet précis |
| Valeur devant la banque | Dossier de synthèse, risques assumés et trésorerie mois par mois | Pièce attendue et signée par une professionnelle du chiffre |
Un prévisionnel vaut ce que valent ses hypothèses
Un cabinet comptable produit un document rigoureux à partir de ce que vous lui donnez. Si vous annoncez un chiffre d’affaires repris tel quel de l’annonce, un loyer sans indexation et un stock à sa valeur déclarée, le prévisionnel sera juste dans ses calculs et faux dans ses conclusions. Le travail d’instruction sert précisément à fournir des hypothèses tenables : le chiffre d’affaires reconstitué mois par mois, le loyer indexé, le stock décoté des références dormantes.
C’est la raison pour laquelle l’ordre compte. Instruire d’abord, commander ensuite. Une repreneuse qui arrive avec le détail des trois derniers exercices, l’excédent brut retraité de la rémunération de la cédante et une liste de risques écrits obtient un prévisionnel plus solide, plus vite, et souvent pour moins d’heures facturées. La comptable travaille alors sur des chiffres déjà établis, et non sur une reconstitution qu’elle devrait mener à votre place pendant que le prix se discute encore.
Ce que le prévisionnel ne dit jamais
Un prévisionnel n’a pas vocation à vous dire que la clause de destination interdit le salon de thé, que l’échéance triennale tombe dans huit mois, ou que soixante pour cent du chiffre d’affaires vient de clientes attachées à la personne de la cédante. Ces éléments ne sont pas des lignes comptables, ce sont des risques. Ils ne se voient qu’en lisant le bail, en comptant le stock et en posant des questions précises à la cédante avant que la promesse ne soit rédigée.
Il ne répond pas non plus à la question de la rémunération réelle mois par mois. Un prévisionnel annuel montre un résultat, pas la date à laquelle vous pourrez vous verser quelque chose. Or c’est cette date qui décide si la reprise est vivable, surtout quand l’activité est saisonnière et que les cotisations tombent au mauvais moment. Le calcul du plancher de rémunération doit être fait avant de signer, avec vos charges personnelles en face.
Les deux dans le bon ordre
L’enchaînement efficace tient en trois temps. Vous instruisez le fonds et décidez si vous continuez. Vous négociez le prix et le stock avec vos arguments chiffrés. Puis vous commandez le prévisionnel au cabinet, sur un projet arrêté, avec des hypothèses défendables. Inverser cet ordre revient à payer un document pour un fonds que vous abandonnerez peut être, et à découvrir après coup qu’il fallait renégocier le prix avant de le faire produire.
Quand l’alternative reste le bon choix
Le prévisionnel du cabinet passe devant dès que le financement devient le sujet principal. Si votre banque exige une pièce signée par une professionnelle du chiffre, si vous demandez un prêt d’honneur ou une garantie qui impose un dossier normalisé, si votre montage comporte une société à créer, des apports en compte courant ou une option fiscale à arbitrer, il faut une comptable et rien d’autre. La grille prépare ce document, elle ne le signe pas et ne prétend pas le remplacer.
Le verdict
Ce n’est pas un choix, c’est un ordre. L’instruction sert à décider s’il faut continuer et à quel prix, le prévisionnel sert à financer un projet déjà arrêté. Instruire d’abord évite de payer un prévisionnel sur une opportunité que l’on abandonnera, et donne au cabinet des hypothèses solides plutôt que les chiffres de l’annonce. Le même document coûte alors moins d’heures et vaut beaucoup plus devant une banque.
Questions frequentes
- Puis je présenter le dossier de synthèse à la place du prévisionnel ?
- Non, et ce n’est pas son rôle. Le dossier de synthèse expose l’activité, le prix demandé, le plan de financement, la trésorerie mois par mois et les risques assumés. Il se joint au prévisionnel et lui donne son contexte. La pièce que la banque attend au dossier de crédit reste le document produit et signé par votre cabinet comptable.
- À quel moment contacter le cabinet comptable ?
- Dès que l’instruction a donné un scénario prudent qui tient et que le prix a été discuté. Vous arrivez alors avec les liasses, l’excédent brut retraité, le stock décoté et vos hypothèses de chiffre d’affaires par mois. Prendre rendez vous plus tôt reste utile pour la forme juridique et le statut, mais le prévisionnel lui même gagne à être commandé après.
- Ma comptable peut elle relire ce que j’ai instruit ?
- C’est même l’usage recommandé. Le dossier sort en PDF, avec les hypothèses visibles et les pièces listées. Une relecture d’une heure suffit généralement à valider ou corriger le retraitement de l’excédent brut et la marge retenue, ce qui est bien plus rapide que de lui faire reconstituer le dossier depuis les documents bruts.
Reprennia ou le prévisionnel commandé au cabinet comptable
Ce n’est pas un choix, c’est un ordre. L’instruction sert à décider s’il faut continuer et à quel prix, le prévisionnel sert à financer un projet déjà arrêté. Instruire d’abord évite de payer un prévisionnel sur une opportunité que l’on abandonnera, et donne au cabinet des hypothèses solides plutôt que les chiffres de l’annonce. Le même document coûte alors moins d’heures et vaut beaucoup plus devant une banque.